Selon certains spécialistes, les Smart Contracts, rendus possibles par la technologie Blockchain, pourraient constituer une véritable seconde Révolution numérique égalant, au moins, l’avènement de l’Internet. Qu’en est-il de leur impact actuel et potentiel sur le monde de l’assurance ?
Ce sont des contrats qui s’exécutent de manière automatique une fois que les termes de l’accord ont été préalablement définis et inscrits sur une chaîne de blocs. L’intérêt d’un Smart Contract est qu’il s’exécute sans intervention humaine, que ses conditions ne peuvent pas être modifiées et que des données peuvent être alimentées par des sources externes fiables et confirmées par les “validateurs” de la chaîne.
Ils permettent ainsi à deux contractants (ou à une multitude d’entre eux) d’effectuer des transactions de manière sécurisée, transparente, et surtout sans l’intervention d’un tiers.
Dans le domaine de l’assurance classique, cela pourrait permettre d’indemniser de manière bien plus rapide les assurés, en déclenchant des paiements automatiques, de diminuer les frais de gestion et d’éviter les déclarations (et leur traitement) devenues inutiles ainsi que les fraudes.
Ce n’est pas pour demain me direz-vous ? Détrompez-vous, les Smart Contracts ont déjà commencé à faire leur apparition sur le marché des assurances. L’an dernier, Axa a lancé une assurance voyage (Fizzy) qui s’appuie sur cette technologie, et ce n’est pas la seule. Il s’agit d’une assurance couvrant les retards d’avions. Ainsi, grâce à un outil de suivi des vols indépendant, en cas de retard, le souscripteur est automatiquement indemnisé, sans avoir besoin d’envoyer de justificatif, grâce à la blockchain Ethereum.
Plus rapide et fiable, à la fois pour l’assureur et l’assuré, l’utilisation actuelle des Smart Contracts dans le domaine de l’assurance ne révolutionne pas pour autant le secteur… pas encore tout du moins.
Car, c’est à la logique même de l’assurance (voire des échanges et des contrats) que les Smart Contracts et la Blockchain s’attaquent : c’est un système de pair-à-pair qui pourrait, à terme, se passer d’intermédiaires. En effet, le cœur même de cette technologie est le contrôle des informations et du respect des clauses du contrat par la communauté elle-même.
Ainsi, si la technologie se développe tout en étant capable de conserver son indépendance, il se peut que nous assistions dans quelques temps à une 2ème révolution de l’Internet, qui pourrait bien emporter avec elle les assurances telles que nous les connaissons aujourd’hui.
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