Le gouvernement burkinabè va devoir trouver 8 milliards d'euros

Le gouvernement burkinabè recherche 8 milliards d’euros

Economie

Annoncé le 20 juillet 2021, l’objectif du prochain plan quinquennal burkinabè de développement est ambitieux : une transformation de la structure de l’économie du pays, ni plus ni moins. Pour cela, Ouagadougou est à la recherche de 8 milliards d’euros et n’a pas hésité à faire appel à des modes de financement innovants comme ceux de la société Ellipse Projects.

Le 1er janvier, lors de ses voeux à la nation, le président burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré, a rappelé les les quatre axes stratégiques de développement du Plan National de Développement Économique et Social (PNDES II) qui a été récemment adopté pour la période 2021-2025 : consolidation de la résilience, la sécurité, la cohésion sociale et la paix, approfondissement des réformes institutionnelles et la modernisation de l’administration publique ; développement du capital humain et de la solidarité nationale et dynamisation des secteurs porteurs pour l’économie et les emplois.

Le Burkina Faso, dont le déficit cumulé de l’État est estimé par la Banque Mondiale à 5,5 % pour 2021, est encore à la recherche de 8 milliards d’euros pour boucler le budget de ce plan. Face à ce problème de liquidités, l’exécutif a déjà fait preuve d’originalité. Il a, par exemple, fait appel à Ellipse Projects, un fournisseur d’infrastructures pour les pays du Sud qui s’occupe également de sécuriser le financement des projets. Le 10 novembre 2021, la société française s’est ainsi engagée, auprès du ministère de la Santé, à construire un centre hospitalier régional de 306 lits à Gaoua (dans le sud-ouest du pays), pour un montant de 70 millions d’euros. 

Le PNDES-II, qui a pour but de transformer l’économie du pays, est ambitieux. Mais il apparaît nécessaire, tant la pandémie a fait obstacle au développement du pays. 

Une dynamique de développement entravée par la pandémie

Avant l’apparition de la pandémie, la situation du Burkina Faso était déjà compliquée. Selon la Banque mondiale, 80 % de l’économie nationale repose sur l’agriculture, alors même que les ressources du pays en la matière restent limitées. Une situation qui maintenait toujours 36,2 % de la population sous le seuil de pauvreté en 2018 et qui renvoie le pays à la 144e place du classement de l’indice du capital humain de la Banque mondiale.

L’exécutif burkinabè souhaite en conséquence doper le développement du pays, fortement ralenti par la pandémie : alors que le taux de croissance moyen durant la période 2016-2020 était en moyenne de 5,3 %, la pandémie a provoqué la chute de ce dernier, estimé à seulement 2 % pour 2020. Avec un déficit pour l’année 2021 estimé à -5,5 %, le retour progressif vers le critère de l’Union économique et monétaire ouest-africaine de -3 % ne devrait pas se faire avant 2024. Un état de fait qui devrait rebuter les investisseurs et pourrait provoquer une augmentation des taux d’emprunts. 

Les perspectives ne sont certes pas encourageantes, mais le gouvernement a décidé d’être proactif et de recourir à un deuxième plan quinquennal, le premier (2016-2021) ayant été un succès malgré la pandémie.

Réitérer le succès du premier plan quinquennal 

Mis en œuvre dans un contexte défavorable, le PNDES-I (2016-2021) a permis au pays d’enregistrer des résultats appréciables dans beaucoup de secteurs. 

Selon le gouvernement, malgré des problèmes sécuritaires et de fronde sociale soutenue, le pays a connu une croissance moyenne de 6,5 % entre 2016 et 2019, avant l’apparition de la Covid-19. Avec un taux d’efficacité estimé à 73,87 %, le PNDES-I a été une réussite, notamment au niveau de l’éducation des enfants. La proportion d’écoliers ayant achevé un cycle primaire d’étude est ainsi passée de 28 % en 2016 à 66 % en 2020.

L’exécutif entend donc continuer sur sa lancée. Pour cela, il prévoit une enveloppe de 29 milliards d’euros pour le PNDSE-II. Il pourra compter sur ses ressources propres (63 % du financement) et l’aide de ses partenaires (9 % sur la base des conventions en cours), mais il lui reste à trouver environ 8 milliards d’euros.  

Recourir à des modes de financement innovants comme Ellipse Projects

Pour combler ce gap, le gouvernement burkinabè a annoncé qu’il aurait recours au marché des capitaux et à l’Aide publique au développement, mais pas que. Il compte également sur des modes de financements innovants tels que des partenariats Public-Privé — comme avec Ellipse Projects — et les modes de « financements participatifs, la diaspora et les financements verts ».

 

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