Emballages et packaging : critères de choix cruciaux pour les consommateurs français

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« Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse ! ». Les consommateurs français ne semblent plus adhérer à la maxime d’Alfred de Musset… surtout si le flacon est fait de plastique, de matières peu ou pas recyclables, ou bourré de perturbateurs endocriniens. Depuis plusieurs années, on constate que l’emballage et le packaging sont devenus des critères incontournables dans l’acte d’achat des Français. Une tendance qui devrait encore s’accroître dans les années à venir.

Selon une étude de 2020 de l’association TwoSides, 70% des Français se disent prêts à « agir activement » pour réduire leur utilisation d’emballages plastiques. D’après une autre étude, 64% des Français souhaitent même ne plus acheter de produits dont ils considèrent que l’emballage est nuisible à l’environnement. Un appel à l’action clair et net, entendu par les politiques et le monde de la grande distribution, qui multiplient les initiatives depuis plusieurs années pour redéfinir notre rapport au packaging.

Le premier défi à relever est celui du plastique et de sa recyclabilité. Certains plastiques sont assez facilement recyclables, d’autres moins, et certains plastiques complexes ne le sont pas du tout. C’est notamment le cas du plastique noir, apprécié dans la distribution car mettant en évidence certains produits comme la viande, mais qui non seulement ne se recycle pas, mais pollue l’ensemble du processus de recyclage des autres plastiques. Or le plastique noir représente à ce jour près de 15% du plastique arrivant dans les centres de recyclage.

L’enjeu pour les acteurs de la distribution est donc de bâtir des stratégies durables en prenant en compte à la fois la réduction de l’utilisation du plastique pour les emballages, une élimination progressive des plastiques peu ou non recyclables, mais aussi une démarche que Charlotte Le Coz, Product Marketing Manager chez Trace One, une entreprise spécialisée dans la mise en relation entre industriels et distributeurs, qualifie « d’acte de tri ». Selon elle, les industriels et distributeurs travaillent désormais d’arrache-pied pour « faciliter l’acte de tri du consommateur », en assurant notamment que tous les composants d’un emballage peuvent être jetés ensemble et sont recyclables ensemble (bouchons et bouteilles, boites de jambon et opercules…).

Ce n’est qu’en combinant ces diverses approches que le défi des déchets plastiques sera relevé. Certes avec le soutien des acteurs du secteur de la distribution (sous la pression des consommateurs), mais aussi et surtout en raison de l’approche volontariste adoptée par le gouvernement, à travers notamment le Pacte National sur les emballages plastiques (signé en 2019 par la quasi-totalité des acteurs de la distribution), qui prévoit d’arriver à 60% de plastique recyclés en 2022 (contre 29% en 2019) et à 100% d’emballages plastiques recyclés en 2025. Par ailleurs, dans sa loi anti-gaspillage, le gouvernement s’est fixé pour objectif d’arriver à zéro emballage plastique à usage unique d’ici 2040.

Les consommateurs français sont conscients de ces enjeux et leur prise de conscience est un des moteurs des évolutions en cours. Le packaging d’un produit est un « outil de différenciation » en magasin, explique Charlotte Le Coz, pour qui les marques « doivent innover en permanence pour s’adapter aux tendances de consommation ». Ce qui explique le développement de nouveaux modèles de packaging, privilégiant le carton, les plastiques simples, les emballages réutilisables, ou même le retour en force de la vente en vrac.

Les préoccupations environnementales des Français ont tellement fait évoluer les choses que le secteur du retail en a été globalement impacté et que de nouveaux métiers ont vu le jour au cours des dernières années, en particulier en termes de recherche et développement avec des créations de poste comme ingénieurs en emballage, conclut Charlotte Le Coz, qui prédit que ces mutations n’en sont encore qu’à leurs balbutiements et devraient s’accélérer dans les années à venir.

 


 

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