kazakhstan

Les élections qui marqueront l’année 2021

Géopolitique

L’année qui s’ouvre sera marquée par plusieurs scrutins d’importance dans le monde, dont les résultats pourraient confirmer – ou infirmer – la tectonique géopolitique à l’oeuvre depuis le début de la crise sanitaire. Panorama des élections à suivre en 2021, du Kazakhstan au Japon.

Après une année 2020 cataclysmique, marquée par la pandémie de Covid-19, l’année 2021 restera-t-elle dans les annales comme celle de l’expression démocratique ? Plusieurs élections importantes se tiendront en effet dans les douze prochains mois : autant de scrutins qui, après la présidentielle américaine éjectant Donald Trump de l’échiquier mondial, pourraient contribuer à recomposer les grands équilibres géopolitiques internationaux, d’ores et déjà affectés par la crise sanitaire et ses conséquences. Les quatre ans d’une présidence Trump aussi brouillonne qu’imprévisible ont, en effet, marginalisé le rôle des États-Unis sur la scène diplomatique, alors que l’épidémie de coronavirus a consacré la prédominance de la Chine, déplaçant le centre de gravité mondial vers l’Est. Les élections législatives au Kazakhstan, immense pays à cheval entre l’Asie et l’Europe, n’en seront scrutées qu’avec plus d’attention.

 

Les législatives au Kazakhstan, première grande respiration démocratique de 2021

Ce sera sans doute le premier grand rendez-vous démocratique de l’année à venir : le 10 janvier 2021, les électeurs kazakhstanais renouvelleront la composition du Majilis, la chambre basse du Parlement. Un scrutin majeur dans un pays pivot pour l’équilibre mondial, qui fête aujourd’hui les 29 ans de son indépendance (de l’URSS) et qui s’inscrit dans un processus de démocratisation et de libéralisation politique, accéléré par le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokayev. Élu en juin 2019, le nouvel homme fort de Nur-Sultan (anciennement Astana) a initié de nombreuses réformes dans le but de répondre aux aspirations démocratiques de son peuple : élargissement du rôle du Parlement dans le contrôle du gouvernement, meilleure représentation des jeunes et des femmes au Majilis, plus grande prise en compte des droits de l’opposition et facilitation de la création de nouveaux partis politiques.

 

Au Portugal, le président sortant donné favori, mais challengé sur sa gauche

Deux semaines après les électeurs du Kazakhstan, ce sera, le 24 janvier, au tour des Portugais de se déplacer dans l’isoloir pour élire leur nouveau président. Selon la Constitution portugaise, l’élection présidentielle doit, en effet, se tenir 60 jours avant le terme du mandat du chef de l’État en exercice. Le président sortant, Marcelo Rebelo de Sousa, sera sans doute candidat à sa réélection et les instituts de sondage lui prédisent, pour l’heure, une large victoire sur sa dizaine d’opposants. À noter cependant que le président socialiste devrait trouver sur sa route l’une de ses anciennes camarades de gauche, la députée Ana Gomes qui, bien qu’en rupture avec l’actuel Premier ministre socialiste, ne cache pas sa sensibilité politique et pourrait représenter un obstacle au large rassemblement attendu par les équipes de Rebelo de Sousa.

 

La présidentielle iranienne, la première élection « chaude » de l’année

 Le suspense sera moindre en Iran qu’au Portugal, bien que toutes les chancelleries du monde aient les yeux rivés sur Téhéran. Prévue en juin prochain, l’élection du nouveau président iranien s’inscrira dans un contexte hautement volatil pour le pays, frappé par les sanctions américaines, rongé par l’épidémie de Covid-19 et marqué par de récurrents mouvements de protestation populaire. Selon toute probabilité, c’est un cacique du régime, Hossein Dehghan, qui devrait succéder au modéré Hassan Rohani. Général des Gardiens de la révolution, celui qui se dit « nationaliste et révolutionnaire » a fait toute sa carrière au sein de l’armée idéologique du régime, dont il a patiemment gravi les échelons jusqu’à intégrer le cercle le plus fermé du pouvoir, autour de l’ayatollah Khamenei. Membre du commando ayant pris d’assaut l’ambassade américaine en 1979, créateur du Hezbollah au Liban, Hossein Dehghan se veut le chantre d’un « dialogue avec force et dignité » entre l’Iran et une communauté internationale inquiète de son programme nucléaire.

 

Les législatives à Hong Kong, véritable bombe à retardement pour Pékin

Ce sera sans doute l’autre scrutin explosif de l’année à venir : après avoir été annulées le 6 septembre dernier, officiellement en raison des conditions sanitaires, les élections législatives hongkongaises – ou ce qui en tiendra lieu – devraient se dérouler à l’automne prochain. Sept ans après le « Mouvement des parapluies » et plusieurs mois après des manifestations d’une ampleur sans précédent au sein de l’ancienne colonie britannique, ce scrutin devrait accélérer la reprise en main musclée de Hong Kong par la Chine, qui a d’ores et déjà permis aux autorités locales d’en exclure tout candidat jugé « non patriotique ». Alors que plusieurs actuels députés pro-démocratie ont, eux aussi, été démis de leurs fonctions, la perspective d’élections libres et apaisées semble de plus en plus chimérique.

 

Le Japon tourne la page Shinzo Abe

Enfin, les Japonais éliront eux aussi leurs députés au plus tard le 22 octobre prochain. Au pouvoir depuis 2012, le Premier ministre de l’archipel, Shinzo Abe, a annoncé l’été dernier sa démission, pour raison de santé. Il a été remplacé par son ancien porte-parole, Yoshihide Suga. Un jeu de chaises musicales qui pourrait entraîner la tenue d’élections législatives anticipées, le parti au pouvoir (Parti libéral-démocrate) bénéficiant pour l’heure d’une confortable avance dans les sondages. Mais, au Japon comme dans l’ensemble des pays de la planète, aucun pronostic ne semble sûr tant que la crise sanitaire n’est pas jugulée.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *