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La famille, refuge et source d’inspiration pour les Français

Société Une

Où trouver le courage, la motivation et l’inspiration en cette période de crise sanitaire ? Pour la plupart des Français, la question ne se pose pas : auprès de sa famille. C’est ce que révèle une étude Hubside/OpinionWay.

La crise sanitaire n’aura pas été sans conséquences pour les familles. Entre les parents qui télétravaillent, les enfants qui font l’école à la maison et les grands-parents dont il faut prendre régulièrement des nouvelles (voire les accueillir pendant la période de confinement), les liens familiaux ont été mis à l’épreuve. Et ils en sont sortis renforcés.

C’est ce qui ressort d’un sondage réalisé par le service de création de site web Hubside avec OpinionWay. Selon l’enquête, la famille a plus que jamais joué son rôle de « valeur refuge » pendant la crise. Elle figure en effet comme la principale source d’inspiration de 38 % des sondés, devant le web (35 %), les lectures (28 %) et les amis (23 %).

Par « source d’inspiration » il faut comprendre tout ce qui encourage à progresser dans ses domaines de prédilection mais aussi dans ses projets de vie, qu’ils soient personnels ou professionnels.

Or, c’est bien auprès de leurs proches que les Français ont trouvé la motivation en cette période particulière. Alors que 37 % des sondés déclarent avoir besoin de modèles inspirants au quotidien, pour 68 % d’entre eux, c’est dans leur entourage familial et amical qu’ils trouvent leurs meilleures sources d’inspiration, loin devant d’autres catégories comme les artistes (36 %), l’entourage professionnel (32 %) ou encore les politiques (17 %), précise Hubside.

Espace de sécurité

Une tendance qui ne surprend pas les spécialistes. « Quand tout va mal, quand tout s’effondre, on se tourne naturellement vers la famille. C’est le premier lieu de solidarité, le premier amortisseur social. Lorsqu’une personne risque d’être contaminée par le virus ou est suspectée de le transmettre, c’est principalement la famille – à l’exception des soignants – qui accepte sans hésiter le risque que l’autre représente », analyse Pascale Morinière, vice-présidente des Associations familiales catholiques (ASF).

Le sociologue François de Singly estime de son côté que « la famille reste perçue dans l’imaginaire comme un espace de sécurité. Et ce, même si cet espace sécurisé n’est pas forcément celui où l’on se sent le mieux… ».

Pour le chercheur, certaines pratiques quotidiennes telles que la cuisine, les jeux de société ou les réunions devant le film du soir ont pu être redécouvertes pendant le confinement au détriment des tablettes et autres gadgets individuels. « La famille peut sortir renforcée de ces pratiques qui avaient parfois été abandonnées, mais toutes n’y étaient pas complètement préparées », explique le sociologue.

La vie sociale change, la famille reste

Même l’épineuse question de la hiérarchie a dû être repensée. « Depuis 68, l’autorité n’est plus au centre des familles. C’était à l’école d’imposer les devoirs, d’incarner cette autorité. Le retour de l’école dans la famille suppose une forme de régression historique. Malgré tout, nous avons tous l’espoir que cette crise permette de renforcer les liens et débouche sur moins d’individualisme ».

Certes, la vie familiale peut être compliquée, et les conflits n’ont sans doute pas disparu pendant le confinement. Pour Johanna Rozenblum, psychologue clinicienne à Paris, l’isolement a notamment été « responsable de conséquences pyschologiques comme du stress, de la colère, voire un sentiment de détresse ».

Mais la fin des liens familiaux n’est pas pour demain. Avec le confinement, « la vie sociale change. L’entraide avec la famille ou avec les voisins est plus prégnante et les manifestations (des balcons) pour soutenir les soignants permettent de maintenir le lien », révèle une étude menée par Lise Bourdeau-Lepage, enseignante-chercheuse à Lyon. Dans ce contexte, la famille a décidément un rôle à jouer.

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