fracture numérique - Revue des Transitions

Fracture numérique : des pistes pour réduire l’illectronisme

Numérique Une

Si, comme l’a formulé le secrétaire d’Etat au numérique Cédric O, “le confinement a été vivable en partie parce qu’il y a eu le numérique”, une partie de la population reste encore concernée par l’illectronisme. A savoir, un manque ou une insuffisance de connaissances nécessaires à l’utilisation des outils électroniques. Tour d’horizon de pistes concrètes pour réduire la fracture numérique.

Pour Alexandre Hampe (Hubside), il faut adapter les outils à l’utilisateur

Adapter les outils numériques aux utilisateurs et non l’inverse : pour Alexandre Hampe, directeur des opérations d’Hubside, la fracture numérique pourrait être réduite en prenant davantage en compte les besoins des usagers. “Ce dont il faut avoir conscience – et c’est là une tendance marquée du XXIe siècle – c’est que les individus adoptent avant tout les produits ou services qui leur ressemblentsouligne-t-il.

Le directeur des opérations d’Hubside plaide ainsi pour une conception des outils numériques qui ferait la part belle à la personnalisation et à la simplicité. Un paradigme encore trop peu répandu dans le paysage numérique actuel. “Les personnes qui se connectent peu (ou pas) le feraient peut-être davantage si elles avaient pleinement la main sur les outils à leur disposition” poursuit Alexandre Hampe, qui en veut pour preuve le caractère très formaté des réseaux sociaux.

Équiper les familles dépourvues de matériel informatique

Mais pour accéder aux plateformes numériques, encore faut-il disposer du matériel adapté. Une nécessité accrue pendant le confinement, alors que le télétravail s’est massivement imposé et que les professeurs ont dû assurer leurs cours à distance. Une situation qui n’a pas été sans difficultés pour de nombreux foyers.

“Beaucoup de familles sont sous-équipées ou sans connexion et peinent à accompagner leurs enfants pour la scolarité en ligne”, explique Marie Cohen-Skalli, directrice d’Emmaüs Connect, association qui travaille à l’inclusion numérique. Aux quatre coins du territoire, les initiatives se sont multipliées pour repérer les élèves dépourvus de matériel informatique et leur fournir de quoi maintenir un lien avec leurs professeurs.

Devant les cris d’alarme des enseignants inquiets de voir une majorité de leurs élèves dans l’impossibilité de maintenir le lien avec l’école, le gouvernement a annoncé un plan de 15 millions d’euros pour l’éducation. Près de 9 millions d’euros sont ainsi mobilisés dans ce cadre pour permettre d’acheter et de fournir des équipements aux élèves issus de quartiers défavorisés.

Acquérir les compétences nécessaires

Si avoir accès à du matériel informatique et à une connexion internet est indispensable, cela ne règle pas pour autant toute la question de la fracture numérique. C’est ce que souligne Thomas Vandriessche, responsable des solutions numériques chez WeTechCare : « ça n’est pas parce qu’on utilise YouTube qu’on sait chercher un emploi en ligne ou écrire un mail de candidature correctement ». Thomas Vandriessche fait ainsi valoir la nécessité d’un accompagnement.

Un constat partagé par Marjolaine Girard, responsable d’Innov’Avenir, pour qui il est urgent de garantir les fondamentaux du numérique pour tous dès l’école primaire. “Bien qu’utilisatrice assidue d’internet, cette jeunesse se limite principalement à l’usage des réseaux sociaux. Au-delà, une frontière s’érige”, regrette-t-elle. Avec le risque de voir une partie de la population en marge et privée d’accès à de nombreuses opportunités offertes par le numérique.

 

 

 

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